À la ferme comme à l’usine : vivre des fruits de son travail

Depuis plusieurs jours maintenant, le monde agricole se mobilise très largement et partout en France pour dénoncer une situation devenue insupportable. Ils sont des milliers à bloquer les routes, et manifester pour dénoncer une situation de précarité inédite. Les travailleurs de la terre sont au bord de l’asphyxie. Tout bonnement dépassé par la situation, le gouvernement ne semble apporter aucune réponse aux mobilisations.

Aujourd’hui, les travailleurs agricoles, et particulièrement les jeunes qui souhaitent s’installer, sont pris en étau entre d’un côté la grande distribution, et de l’autre l’industrie agroalimentaire. Résultat : les prix fluctuent selon les bons vouloirs du marché, mais les coûts de production augmentent. Encore plus 10 % sur les factures d’énergie au 1er février. Ce que veulent aujourd’hui les agriculteurs, c’est avoir un contrôle sur les prix, pas des primes ! Selon de nombreuses études, l’agriculteur ne recevrait aujourd’hui que 10 % de la valeur ajoutée au sein de la chaîne de production et de distribution de l’agroalimentaire. À la ferme, comme à l’usine, un seul mot d’ordre : vivre pleinement des fruits de son travail !

Cette situation, si elle empire de façon exponentielle, n’a rien d’inédit. Depuis des dizaines d’années maintenant, l’Union européenne est un carcan pour les agriculteurs français. En multipliant les accords de libre-échange, encore récemment avec la Nouvelle-Zélande, Bruxelles organise la “concurrence libre et non faussée” des travailleurs agricoles, au détriment de leurs salaires. De même, les normes écologiques imposées sont vécues comme une violence : d’une part, aucun accompagnement des agriculteurs vers une production raisonnée n’est pris en charge ; de l’autre, elle autorise l’import massif de produits qui ne sont pas soumis aux cahiers des charges européens. On autorise donc à entrer en France des produits que l’on interdit aux agriculteurs de produire. La voilà donc la “concurrence libre et non-faussée” !

Les Jeunes communistes disent stop ! Les agriculteurs ne peuvent pas être jetés en pâture sur les marchés mondiaux, soumis aux traités de libre-échange et menacés en permanence par l’élargissement continu de l’Union européenne.

Le MJCF exige la sortie de la France de l’ensemble des traités de libre-échange qui menacent notre souveraineté et tirent les prix des productions agricoles vers le bas.

Nous demandons la mise en place d’un organisme public de régulation et de contrôle des prix permettant à chaque agriculteur de vivre dignement des fruits de son travail, et à chaque consommateur d’avoir accès à des produits de qualité à des prix abordables.

Nous souhaitons mettre en place un autre cadre de coopération entre la France et les pays, dans l’Europe et dans le monde, basé sur le respect de la souveraineté de chacun, l’accompagnement à la transition écologique, et la juste rémunération des agriculteurs.

Les jeunes communistes appellent très largement toutes celles et tous ceux qui souhaitent mener de front la bataille pour notre souveraineté agricole à se mobiliser le 9 juin prochain autour de la liste portée par Léon Deffontaines.

Bastien Bonnargent