Échos du Lot-et-Garonne

André Chassaigne a été accueilli par Guilhem Mirande, secrétaire départemental du PCF, et par Vincent Arpoulet, représentant GRS, dans la superbe salle culturelle de Montpouillan.

André Chassaigne commença son propos par un hommage très appuyé à Guy Soulage, ancien adjoint au maire de Galapian. Un hommage pour l’énorme travail accompli par le Lot-et-Garonnais dans la préparation de la loi Chassaigne : « Guy, comme d’autres, est à l’initiative de la loi qui aura permis à des milliers de retraités de pouvoir percevoir des augmentations, parfois non négligeables, de leurs prestations de retraite. Nous aurions souhaité aller plus loin, mais la majorité du Président de la République ne l’a pas voulu. Prenons cette avancée comme une victoire et continuons à agir pour obtenir de meilleurs droits. »

Ce fut ensuite des remarques fortes sur le fonctionnement de l’Union européenne : « Savez-vous que des directives européennes sont imposées qui n’ont jamais été discutées dans les instances démocratiques nationales ? Les peuples et leurs représentants sont ainsi dessaisis de leurs droits. »

Après ce fut un retour sur le fond du problème, l’économie libérale, la finance contre les peuples. « Notre volonté est de remettre au centre des débats et des décisions les besoins humains. Répondre aux besoins de services publics, gagner davantage de droits, remettre en cause le dumping économique en mettant en discussion un salaire minimum européen qui ne permette plus d’opposer les pays les uns aux autres et mette un terme aux délocalisations financières. »

L’intervenant affirma avec force que les propositions de sa liste devaient permettre de faire reculer les nationalismes, bousculer les fausses bonnes idées des extrêmes qui voient toujours l’autre comme un ennemi mais n’ont jamais un mot contre ceux qui exploitent à outrance.

Sur la question agricole André Chassaigne a regretté « qu’en France on n’encourage pas suffisamment les agriculteurs qui font des efforts en termes de mutations. Aujourd’hui, 92 % des agriculteurs français touchent la prime environnementale. Il faudrait valoriser ceux qui ont une politique vertueuse. C’est-à-dire encourager à travailler différemment le sol, à utiliser moins d’eau, moins de pesticides. »

On favorise la répartition de la Politique agricole commune au profit des plus grosses exploitations. Des exploitations tellement importantes qu’à leur tête se trouve des responsables qui sont davantage des financiers que des agriculteurs.

Pour répondre aux besoins croissants de rentabilité financière, c’est une course permanente au productivisme qui enclenche le nécessaire besoin de matériels plus imposants et couteux, l’utilisation de plus d’engrais, de pesticides... Une réalité qui porte atteinte à la nature et aux hommes.

Il faudrait au contraire investir dans la recherche permettant de mettre sur le marché des produits respectant les hommes et la nature, aider davantage les exploitations à taille humaine qui développent plus d’emplois que les « méga-fermes ».

Les traités de libre-échange doivent être revus. Ils ne servent que les intérêts du capital.

« L’agriculture doit être davantage protégée pour éviter les trop nombreuses dérives, et c’est l’État qui est le mieux placé pour accomplir cette tâche. »

Jacky Hénin

Article publié dans CommunisteS, numéro 996 du 15 mai 2024.