Européennes - De l’efficacité du porte-à-porte

On dit souvent, avec raison, que lors des élections les voix se gagnent une à une. Or le porte-à-porte est l’outil le plus efficace pour cela. Outil traditionnel de la panoplie militante, il ne possède pas les charmes de la modernité qu’arbore l’activisme sur les réseaux sociaux (encore que… on y reviendra), mais incarne une façon de faire de la politique qui correspond bien à ce que nous sommes : chaque militant·e qui toque à une porte est à égalité avec celle ou celui qui ouvre la porte pour un échange d’arguments en face à face.

Quand la pratique du porte-à-porte s’est perdue, il est bon de se poser quelques questions pour repartir avec entrain. Tout d’abord : où aller ? Dans les quartiers populaires, dans les immeubles de logement social, dans les endroits où nous faisons le plus de voix, car c’est l’abstention notre principal ennemi. Mais aussi : que dire ? Il suffit parfois de se présenter comme nous sommes, des militants communistes venus présenter nos candidats et notre programme ; mais souvent le mieux est de laisser parler notre interlocuteur dont les préoccupations sont bien souvent les mêmes que les nôtres. Est-ce que l’on peut être mal reçu ? C’est extrêmement rare et le plus souvent, au pire, les portes ne s’ouvrent pas. Au mieux, on pourra boire un verre ou manger une pâtisserie. Pour toutes ces questions légitimes et pour d’autres, la fédération de Paris a réalisé un guide du porte-à-porte qui est à la disposition de chacune et chacun.

Pour généraliser cette pratique militante et la rendre quantitativement efficace, il est important de lui donner une visibilité interne. À Paris, nous éditons dans la newsletter hebdomadaire de la fédération (qui fait donc office d’organe central), un bulletin du porte-à-porte qui rend compte chaque semaine de la progression du nombre de portes toquées et ouvertes par les camarades de chaque section. Cet outil permet évidemment de créer une saine émulation entre les camarades mais, plus intéressant, cela permet d’intégrer l’effort de chaque militant dans l’ensemble plus vaste qu’est celui du Parti tout entier. Ainsi un camarade qui, le temps de la campagne, n’a pu participer qu’à un ou deux porte-à-porte sait que les 20, 30 ou 40 portes qu’il aura toquées s’intègrent dans un ensemble bien plus vaste qui donne du sens à son geste militant.

Pour être aussi efficace que possible, le porte-à-porte peut s’accompagner d’un outil moderne de gestion de fichier, mais il faudra d’abord avoir le réflexe de relever les coordonnées de ceux qui nous affichent leur soutien ou simplement leur intérêt : l’adresse postale n’est pas nécessaire puisqu’on est déjà chez les gens, mais l’adresse mail et/ou le numéro de téléphone sont indispensables. Il faudra ensuite croiser avec le fichier électoral et être capable de reprendre contact pendant la campagne et impérativement dans les derniers jours.

Le militantisme doit être un plaisir, le porte-à-porte peut y contribuer par les rencontres qu’il permet. N’hésitons pas.

Adrien Tiberti

membre du CN

Article paru dans CommunisteS, n°987, 13 mars 2024.