Produire en France un véhicule électrique populaire

Ce vendredi 19 janvier, Léon Deffontaines, tête de liste PCF aux européennes, et Jacques Baudrier, responsable de la commission Mobilités, se sont rendus devant l’usine Renault de Flins, dans les Yvelines, pour défendre la production en France de la remplaçante de la Twingo électrique, la « Twingo Legend ».

À l’instar de la Renault 5, le constructeur automobile continue de miser sur le « revival » des voitures populaires de la marque. La Legend sera produite en 2025-2026, au tarif plus accessible que la moyenne des prix des véhicules du marché. L’entreprise l’annonce sous la barre symbolique des 20 000 euros. C’est une étape importante vers l’adoption massive de l’électrique en France.

Nous défendons le passage dans les prochaines années de l’usage majoritaire du thermique à l’électrique. Même si la part de l’automobile dans les déplacements baissera à l’avenir du fait de l’augmentation des déplacements en train, produire en gros volumes des véhicules électriques à des prix très abordables est un objectif stratégique.

La Twingo Legend coche a priori toutes les cases : Un petit format, une voiture légère, une petite batterie pour soutenir une consommation annoncée très basse. Le hic : ces voitures seraient produites en Slovénie, dans les usines de Novo Mesto, là où est produite l’actuelle Twingo électrique et sa version thermique.

L’intensité carbone moyenne de la production est d’environ 150 kg eqCO2 émis pour 1 000 € de production en France. C’est environ le double en Slovénie, le triple en Slovaquie, Tchéquie ou Roumanie, et 5 à 6 fois plus en Pologne ou en Chine.

Le choix de Renault est incompréhensible, puisque la France est tout à fait capable de produire cette nouvelle voiture. La Zoé est produite à Douai, dans le Nord, et le reste des véhicules électriques à grosse marge est produit à Flins.

Il faut faire en Europe et en France ce que le Japon a su faire au sortir de la guerre pour des raisons différentes : promouvoir, avec l’appui de la puissance publique, la production de petites voitures qui couvrent les trajets quotidiens et limitent au maximum le recours à l’essence pour les grands trajets occasionnels. 80% des déplacements quotidiens en France font moins de 80 kilomètres.

L’implication de l’État dans l’évolution de l’industrie automobile doit essentiellement répondre à un objectif simple : promouvoir un véhicule électrique populaire et donc accessible, le moins polluant possible à l’usage comme à la fabrication.

Pourquoi défendre la production de cette nouvelle Twingo en France :

- Pour ne pas encourager la production dans des pays à forte intensité carbone, ce qui reviendrait à une pollution massive et un non-sens écologique.

-·Pour la perte de dizaines de milliers d’emplois dans la filière automobile sur les vingt dernières années.

-·Pour garder la main industrielle sur un des leviers les plus importants pour sauver le climat dans notre pays, et garantir aux classes populaires l’accès à une mobilité non polluante.

Jacques Baudrier

membre du CN